Sahara: Droits de l’homme, un défi éthique

Occupée pendant plus de 40 ans par l’Espagne, les populations du Sahara occidental n’ont pas échappé durant toute cette longue période aux dures conditions et aux douloureux sorts réservés aux colonisés. Les sahraouis ne jouissaient pas de libertés fondamentales qui leur permettraient de défendre leur droit et d’exprimer leurs revendications légitimes. Ils ne pouvaient acheter ni terres ni biens immobiliers s’ils n’acceptaient pas la nationalité espagnole. Faute de pouvoir assimiler moralement les marocains sahraouis, les espagnols essayaient de les châtrer intellectuellement mais sans jamais conquérir leurs âmes.
La décolonisation des différentes parties du Maroc occupées par l’Espagne a été obtenue dans le cadre d’une simple rétrocession à leur propriétaire unique, le Maroc. Pour le gouvernement marocain attaché aux moyens pacifiques il n’avait pas été nécessaire d’enrayer ce processus de décolonisation pour le Sahara occidental. La progression par étapes par le moyen de la négociation était préférable à l’épreuve de force. La Marche Verte, indépendamment de son rôle de rassembleur d’énergies devenait l’ultime moyen pour aboutir à la décolonisation. Cette paisible voie avait pour but de libérer le territoire tout en épargnant aux populations les conséquences d’une confrontation militaire.

C’est donc dans cette ambiance de paix que le Maroc a récupéré son Sahara en 1975. Mais au-delà du phénomène séparatiste, qui n’est apparu réellement qu’en 1976, il était clair dès le début que cette décolonisation ne se passera pas sans entraves. Le Maroc devait donc subir une longue subversion armée engagée contre lui par Polisario interposé. Des familles entières, sous l’effet de la propagande et de la peur, étaient contraintes de quitter le territoire du Sahara pour se réfugier à Tindouf en Algérie dans le cadre d’un plan prémédité. Rassemblé depuis plus de 30 ans dans des camps de concentrations et dans des conditions inhumaines, ces réfugiés ou séquestrés sont sauvagement mal traités. S’ils arrivent à échapper à la vigilance et la sécurité militaire algérienne, ils n’ont d’autre choix que de s’aventurer à pieds dans le désert au risque de mourir de soif ou de chaleur. Le Maroc, qui a toujours dénoncé cette violation des règles les plus élémentaires des droits de l’homme, œuvre inlassablement pour briser le silence complice dans cette affaire.
Au Sahara sous souveraineté marocaine, les autorités ont toujours ouvert les portes du territoire aux institutions internationales et régionales et aux ONGs à vocation humanitaire afin d’observer sur place le respect des obligations juridiques en matière des droits de l’homme au Sahara. Dépourvues de toutes contraintes, ces ingérences volontairement acceptées et favorablement accueillies contribuent à dévoiler certaines vérités. Mais il ne doit pas échapper qu’il est parfois impossible d’assurer la sécurité sans empiéter dans certaines situations sur la liberté. La liberté et la sécurité apparaissent dans certains cas comme deux impératifs à la fois contradictoires et solidaires qu’il convient de concilier en mieux. « La cour européenne des droits de l’homme avait observé que les restrictions aux droits et libertés constituent des mesures nécessaires dans une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé ou de la morale publique ou encore à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale, à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et la prévention de crime ». En dehors de ces impératifs, toutes les dérives sécuritaires au Royaume et en particulier au Sahara, exposent leurs auteurs à de lourdes sanctions, des évictions, voir même à des condamnations judiciaires.
Plusieurs facteurs expliquent des mouvements sociaux qui se déclenchent de temps à autre au Sahara, la libération de la vie politique, l’exigence des droits de l’homme, le chômage et les contestations de la jeunesse, phénomènes connus un peu partout ailleurs. La presse nationale leur accorde parfois la une, allant jusqu’à se faire l’écho des mots d’ordres sécessionnistes. Toutes les instances sur le respect de droit de l’homme sont représentés au Sahara pour recevoir les doléances des citoyens marocains sahraouis victimes d’exaction ou d’abus de pouvoir : tribunaux, conseil consultatif des droits de l’homme, Diwan Al Mazalim, instance d’équité et de réconciliation, il a même été créé une commission des droits de l’homme au sein du CORCAS.
Mais les droits de l’homme, en plus des droits politiques, exigent également des droits socio-économiques et un développement humain dans la dignité. Le Maroc a entrepris dès le début toutes les mesures nécessaires pour que les populations du Sahara se sentent globalement intégrées à la société marocaine. Un élan de solidarité a été déclanché par l’Etat et la société civile marocaine pour une mise à niveau de la région du Sahara afin de rattraper le retard dans le développement, la précarité, l’absence totale d’infrastructures de base et l’extrême pauvreté dans lesquels la colonisation a laissé la région.
L’Etat marocain a consenti d’énormes efforts de développement au Sahara qualifiés même de discriminations positifs par rapport aux autres régions du Maroc. Les droits de l’homme sont, avant et après tout, dans tous leurs aspects une affaire de défi éthique.

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