Esclavage dans les camps : l’horreur au quotidien

Il aura fallu que deux journalistes australiens, Daniel Fallshaw et Violetta Ayala, passent plus d’un mois immergés dans les camps du Front Polisario pour que des pratiques que l’on croyait définitivement abolies ressurgissent à la face du monde. Oui, fin 2007,  l’esclavage existe encore, et est pratiqué à grande échelle dans les camps administrés par le Front Polisario et l’Algérie. Fallshaw et Ayala sont tout sauf pro-marocains, le sujet de leur reportage, à l’origine, était en faveur des thèses de la guérilla du Polisario. Cependant, peu à peu, alors qu’ils apprenaient à connaître les populations, ils se sont rendus compte que les noirs vivent entre eux, mangent entre eux, et ne se mélangent que rarement avec ceux dont la peau est plus claire.

Apparemment, leurs questions ont dû commencer à gêner les commissaires politiques du Front Polisario, puisque les deux journalistes, d’un coup, se retrouvent enfermés, puis interrogés sur le sujet réel de leur reportage. S’en suivra une rocambolesque évasion des camps, avec l’aide de l’Ambassade australienne en Algérie. Le décor étant posé, il nous faut maintenant nous intéresser au fond du problème. Nous sommes en droit de nous poser la question, légitime, de l’existence de telles pratiques au sein des camps. Y a-t-il des êtres humains qui y travaillent, et ce sans être rétribués ? La direction du front Polisario, pour l’instant, s’est refusée à tout commentaire sur ce sujet. Cependant, certains d’entre eux, sous couvert d’anonymat, ont répondu qu’il s’agissait là de « pratiques culturelles », et non « d’esclavage à proprement dit ». Culture ? peut on vraiment parler de « culture » lorsqu’il s’agit d’esclavage ? Certainement pas.

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