Sahara occidental : le Parlement européen exige un recensement dans les camps de Tindouf en Algérie

tiiindouf-campsLe parlement européen a adopté mercredi une nouvelle résolution qui exige le recensement de la population vivant dans les camps de Tindouf, en Algérie, une initiative motivée par la récente publication d’un rapport européen très critique envers les autorités algériennes et le mouvement Polisario, accusés de détournements des aides humanitaires internationales.

Le parlement européen, lors de la séance plénière de mercredi, a également appelé à une réévaluation de l’aide de l’Union Européenne (UE) ainsi que son adaptation aux besoins réels de cette population. Les camps de Tindouf sont, en effet, placés sous le contrôle du Polisario, le Front armé et financé par l’Algérie qui dispute au Maroc la souveraineté sur la région du Sahara occidental.

Ce mécontentement des eurodéputés contre l’Algérie a été provoqué par le récent rapport d’enquête de l’Office européen de la Lutte Anti-Fraude (OLAF). Le document révèle des détournements massifs et organisés de l’aide humanitaire internationale par des responsables algériens et des dignitaires du Polisario au détriment des populations sahraouies des camps de Tindouf.

Les auteurs du rapport ont notamment exprimé leurs inquiétudes vis-à-vis du manque de statistiques sur la population vivant dans les camps, situés dans le sud-ouest algérien à la frontière avec le Maroc. Tout au long de quatre décennies, les autorités algériennes ont délibérément empêché toute démarche visant à recenser les populations vivant dans les camps. D’après le rapport OLAF, cette situation représente une première dans les annales du Haut-commissariat aux Réfugiés (HCR).

Ce ton ferme utilisé par le Parlement européen intervient au lendemain de l’adoption par le Conseil de Sécurité de l’ONU d’une résolution, dans laquelle l’instance onusienne a également pressé l’Algérie pour autoriser un recensement dans les camps.

Pour les observateurs, ces nouvelles décisions prises par l’ONU et l’UE marquent un tournant dans le conflit du Sahara occidental, qui continue d’empoisonner les relations entre le Maroc et l’Algérie depuis quatre décennies. D’après eux, elles confortent largement la position du Maroc qui propose un plan d’autonomie, au détriment de celles de l’Algérie et du Polisario, favorables à une république au Sahara.

La communauté internationale voit avec beaucoup de scepticisme les tentatives de l’Algérie d’imposer la création d’un nouvel Etat sur un vaste territoire désertique de moins d’un million d’habitants, dans une région minée par l’instabilité, le terrorisme et la prolifération des groupes djihadistes.

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