Depuis deux semaines, un certain nombre de médias internationaux rivalisent de superlatifs pour décrire Aminatou Haidar, après que cette dernière ait entamé un très (trop ?) médiatique sit-in à l’aéroport de Lanzarote (Canaries). « Gandhi Saharoui », « Passionaria », et autres termes romantiques ont été utilisés créant ainsi l’illusion que le Maroc serait à blâmer pour l’expulsion de la militante pro-polisario de l’Aéroport de Laayoune, après que cette dernière aie refusé de remplir les formalités obligatoires. Le romantisme a néanmoins des limites, car l’attitude adoptée par Mme Haidar sera source de tensions dans la région. En effet, la machine algérienne à formater les esprits, héritage d’une collaboration très poussée avec les soviétiques, n’a eu aucun mal à se greffer sur un agenda médiatique plutôt désert, le monde attendant que les négociations climatiques de Copenhague veuillent bien démarrer. Depuis deux jours, l’attention des médias internationaux s’est d’ailleurs réduite considérablement, seuls les médias locaux espagnols traitant ce qui est désormais devenu un problème intérieur, ainsi qu’un affrontement direct entre l’Algérie et le Maroc. Car même si la guerre est « froide » entre les deux voisins , elle n’en reste pas moins une guerre, et le cas Aminatou Haidar sera devenu emblématique des extrêmes auxquelles l’Algérie est prête à aller pour conserver un semblant de contrôle sur un dossier qui accapare une grande partie de son dispositif diplomatique. Certains faits simples doivent donc être rappelés au grand public.
En premier lieu, Aminatou Haidar a été, pendant longtemps, une fonctionnaire d e l’Etat marocain. En second lieu, elle a été indemnisée par l’Instance équité et réconciliation à hauteur de près de 50 000 €, et elle a même travaillé pour cette instance, section de Laayoune, en 2004. Enfin, cette dame est la représentante d’un mouvement de guérilla qui règne sur quelques dizaines de kilomètres carrés de misère dans le sud-ouest algérien, communément appelés les « camps de Tindouf ». Ce mouvement de guérilla est soutenu par un régime de fer, où l’économie a été renationalisée de manière rampante depuis cinq ans, et où l’Armée, l’Etat et le monde économique ne font qu’un, chacun travaillant au service de l’autre. Derrière l’affaire Aminatou Haidar se cache une réalité bien plus grave, une manipulation digne des charniers de Timisoara, où l’Algérie veut faire croire que Mme Haidar est une gentille activiste innocente. C’est exactement le discours tenu par un certain « gentil groupe » installé en Afghanistan dans les années 80, dont les membres se décrivaient comme des « freedom fighters ». L’on voit où cela a mené le monde…